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Emballage plastique : la substitution est-elle toujours la solution?

La moitié du plastique, produit depuis 1950, a été fabriquée depuis 2000. Sur les 400 millions de tonnes de plastique produits annuellement au niveau mondial (données 2016), près de 40% sont dédiées à la production d’emballages.

Cette augmentation s’explique notamment par les nombreux atouts que présentent les emballages plastiques : conservation prolongée, étanchéité, légèreté, facilité pour créer toutes les formes…

Aujourd’hui, certaines marques tendent à remplacer les matières plastiques par d’autres, comme le carton, le verre, ou encore le bambou. Cette tendance n’est pas sans soulever un certain nombre de questions en matière d’impact environnemental et sanitaire. Qu’en est-il ?

L’emballage, 5 à 10% de l’impact environnemental d’un produit

Aux côtés du développement du vrac, l’emballage progresse pour réduire l’impact environnemental des produits. Outre des fonctions d’hygiène nécessaires aux produits, les emballages permettent de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Le rôle de l’emballage consiste à transporter et préserver les produits. Le travail des industriels consiste à les alléger, les rendre plus recyclables, à intégrer des plastiques recyclés et également à conserver

Par exemple, pour une célèbre marque de fromage frais emballé dans du plastique, les études révèlent qu’un gaspillage de produit de l’ordre de 6% a un impact environnemental qui dépasse le poids même de la production de l’emballage sur l’environnement. Une fois l’emballage recyclé, c’est près de 80% de son impact environnemental qui est maitrisé.

Pourquoi les marques continuent-elles à utiliser des matières plastiques ?

Les produits manufacturés ont tous un impact sur l’environnement : il n’existe pas de produit “vert” au sens strict du terme, mais il est possible de réduire leur impact environnemental ! Dans le développement d’une économie circulaire, les industriels s’appuient sur des analyses de cycles de vie (ACV). Ces ACV prennent en compte tous les paramètres d’un produit, de sa conception à sa fin de vie.

Une ACV prend par exemple en compte les ressources utilisées, les questions d’épuisement des sols, l’énergie demandée pour produire l’emballage, l’allongement de durée de vie qu’il permet, consommation d’eau, sa recyclabilité en fin de vie, etc.

Les marques s’appuient sur ces données objectives, pour comparer les matières entre elles.

Analyse de cycle de vie

Remplacer les emballages plastiques par d’autres matériaux, est-ce du greenwashing ?

Pas toujours, mais il faut rester vigilant et lutter contre les idées reçues.

Supposé vertueux pour l’environnement avec un fort taux de recyclage et historiquement apprécié des Français, le verre n’a pas un si bon éco-profil qu’il n’y parait dans l’imaginaire collectif. En effet, la fabrication du verre est extrêmement énergivore. De plus, durant tout son cycle de vie, la bouteille de verre génère une quantité de CO2 plus de 2,5 fois supérieure à celle d’une bouteille en PET par exemple. Cet écart est notamment dû au transport (avec plus de camions nécessaires que pour un nombre équivalent d’emballages plastiques) 3 .

Il s’agit d’adopter une stratégie cohérente en matière de fin de vie des produits et de ressources en donnant la priorité à la réduction de l’impact environnemental des choses que nous achetons, et pas seulement à la réduction de l’utilisation du plastique.

Un article de 2020 publié sur le site de la BBC explique : les sacs en papier ont tendance à avoir des émissions de carbone plus élevées que les sacs en plastique – et sont plus difficiles à réutiliser. Autre exemple, « plusieurs supermarchés vendent davantage de boissons dans des cartons doublés d’un film plastique en partant du principe qu’elles peuvent être recyclées. En fait, selon l’Alliance verte, le Royaume-Uni ne dispose que d’installations permettant de recycler un tiers des récipients doublés en circulation. »

Le plastique apporte une barrière adaptée pour protéger les produits (perméabilité à l’eau, à l’air). Tous les produits en carton qui emballent un contenu nécessitant une étanchéité contiennent du plastique. Il faut alors veiller à une bonne recyclabilité, tant du contenant que du film.

De plus, il faut veiller à l’aspect sanitaire : le plastique est aujourd’hui le matériau le plus surveillé et réglementé au niveau de l’UE en matière d’emballages. Ils sont systématiquement testés aux migrations. Seuls les « grades » approuvés par les autorités sont utilisés, contrairement aux autres matériaux pour lesquels il n’existe aucune réglementation européenne et les contrôles sont effectués a posteriori.

L’emballage plastique progresse pour devenir plus vertueux

En France, environ 6 % du chiffre d’affaires des professionnels de l’emballage plastique est investi dans l’innovation.

Lors d’une récente étude menée auprès des adhérents d’Elipso, 30 répondants cumulent un montant de plus de 150 millions d’euros d’investissement. Plusieurs tendances sont observées pour améliorer l’impact environnemental des produits :

  • L’allégement. Par exemple, le poids moyen des bouteilles a été réduit de 45 % en 20 ans, et le poids des bouchons de 50 % entre le plus lourd et le plus léger. Cela contribue à réduire les émissions carbone dans les transports
  • La réduction du nombre de composants dans les emballages plastiques souples et rigides pour les rendre plus facilement recyclables, des emballages recyclables à plus de 70%
  • L’intégration de plastique recyclé dans les emballages : aujourd’hui, 16 % des matières premières utilisées dans l’emballage en France sont issues de matières recyclées et 2,5 % sont des matières biosourcées. Des chiffres en progression !

 

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