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Faut-il privilégier le vrac pour réduire notre impact environnemental ?

Si le vrac ne représente encore que 0,5% du marché de l’alimentation, il séduit de plus en plus de français. D’après une enquête Kantar menée en 2019, 47% des consommateurs affirment avoir acheté en vrac au cours de l’année. Réduction des transports, consommation locale, réduction des emballages… Le vrac semble avoir tout bon ! Cela doit-il marquer la fin des emballages plastiques ?

Le vrac, une tendance de consommation

En 2020, le chiffre d’affaires du vrac est estimé à 1,3 milliard d’euros tous circuits confondus d’après Réseau Vrac. Et ce chiffre n’inclut pas les marchés, les fruits et légumes, ni même les services à la coupe. Cela représente une croissance de +8% par rapport à 2019, et de +53 % par rapport à 2018 (2).

Les produits d’épicerie restent les plus demandés, à commencer par les oléagineux et les fruits secs, plébiscités par 63 % et 56% des personnes interrogées dans un sondage Nielsen publié en 2021. Le non alimentaire fait également une percée, puisque 10% des acheteurs se sont tournés l’an passé vers le liquide vaisselle, les produits d’entretien ou encore la lessive en vrac.

54% des français veulent des marques en vrac, et 70% souhaitent disposer de la possibilité d’acheter en vrac les mêmes produits que ceux qui sont habituellement vendus emballés (3).

On voit de plus en plus d’épiceries vrac fleurir partout en France : en 2015, elles n’étaient que 18, contre plus de 200 en 2019. Une façon de consommer plus locale, avec 48 % des fournisseurs qui travaillent dans un rayon de moins de 200 km du magasin. Et les grandes surfaces ne sont pas en reste ! Une tendance qui pourrait s’accélérer d’autant que le projet de loi Climat et résilience actuellement débattu fixerait des objectifs de vrac pour certains les commerces.

Les challenges du vrac pour une consommation raisonnée

Le vrac impose une certaine rigueur au consommateur dans son acte d’achat. Il doit développer le réflexe de prendre avec lui ses contenants (plastiques, verre, alu…). Acheter du vrac pour finalement utiliser un sachet à usage unique ne faisant pas tellement sens…

Du côté des industriels, c’est une nouvelle logistique qui doit se mettre en place: il existe par exemple des difficultés induites par la fragilité des produits cosmétiques et les risques bactériologiques liés à la vente en vrac.

Pour les espaces de vente, c’est également un défi : ils doivent non seulement respecter des règles d’hygiène importantes, mais également faire face à des difficultés d’information du consommateur, les risques de vols… Comment assurer l’absence d’allergènes? Où faire figurer la liste d’ingrédients? Comment éviter que les consommateurs ne souillent les produits? Comment donner les conseils d’utilisation en l’absence du vendeur muet qu’est l’emballage? Comment assurer la traçabilité? etc.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié en 2020 les résultats d’une enquête porté sur la vente en vrac des denrées alimentaires dans les commerces de détail.

Sur les 1658 établissements visités (grandes et moyennes surfaces, magasins bio, épiceries, commerces 100% vrac, épiceries ambulantes), 756 étaient en anomalie, soit 46% des professionnels contrôlés. Ne sont pas toujours au rendez-vous l’information des consommateurs (signes de qualité, certification bio, affichage des prix, règles d’étiquetage de la provenance et de l’origine), le contrôle des quantités vendues et le respect des règles d’hygiène des établissements et des denrées (traçabilité, auto-contrôles, respect des températures, aptitude des matériaux au contact des denrées alimentaires). Autant de pistes de progrès pour un secteur d’activité encore jeune.

L’emballage plastique a-t-il toujours sa place dans un réseau vrac ?

Les produits en vrac demandent une autre forme d’emballage : pour le transport au magasin, puis du magasin à la maison, et la conservation des achats jusqu’à leur consommation. Les emballages plastique ont toute leur place dans le transport et la conservation du vrac. En effet, ils sont extrêmement légers, contribuant ainsi à réduire l’empreinte carbone du transport des produits au magasin.

Cela a son importance, lorsqu’on sait qu’un quart des émissions de gaz à effet de serre de l’UE est issu du secteur des transports (5)  et qu’en moyenne, une réduction de 100 kilos sur un véhicule permet ainsi de réduire de 10 grammes/kilomètre ses émissions (6).

Résistants, ils permettent de manipuler les produits et peuvent également être nettoyés et réutilisés dans de bonnes conditions d’hygiène.

A la maison, les contenants en plastique permettent de conserver hermétiquement les aliments, en les préservant de l’air. Incassables et réutilisables, ils permettent de limiter l’oxydation des produits et le dessèchement dû au froid, et donc, de conserver ses aliments plus longtemps.

Les bonnes pratiques lorsqu’on achète du vrac

  • Prendre ses propres contenants pour transporter et stocker les produits acheter
  • Noter les dates limites de consommation, ou a minima la date d’achat
  • Si vous recevez, notez éventuellement la liste des allergènes (traces d’arachides, …)
  • Stockez les produits «sensibles» (farine, riz, pâtes, sucre, fruits secs…) dans des contenants hermétiques pour éviter les mites alimentaires
  • Assurer une bonne hygiène de vos contenants réutilisables
  • Videz les contenants avant de les remplir à nouveau, et remettez le produit le plus ancien par-dessus


[Les idées reçues sur l’emballage]
[Toutes les actualités]

 

(1) www.leparisien.fr/environnement/initiatives-environnement/consommation-les-atouts-et-les-defis-du-vrac-17-10-2019-8172549.php
(2)Tendances Retail 2021 : l’efficacité de la technologie, les valeurs de l’humain (https://experiences.microsoft.fr/articles/crm/tendances-retail-2021-lefficacite-de-la-technologie-les-valeurs-de-lhumain)
(3) www.circuits-bio.com/chiffres-et-marches/marche-du-vrac-en-2020-les-dix-infos-a-retenir
(4) www.emballagesmagazine.com/alimentaire/la-dgccrf-pointe-la-loyaute-et-l-hygiene-dans-le-vrac.62868

(5) www.strategie.gouv.fr/infographies/faire-baisser-emissions-de-co2-consommation-voitures
(6) www.lepoint.fr/automobile/automobile-la-chasse-aux-kilos-21-11-2014-1883284_646.php